Une réponse personnalisée pour les moins qualifié.e.s

 « Le taux d’illettrisme dans le Nord-Pas-de-Calais est légèrement supérieur à la moyenne nationale (11 % en 2012, selon l’ANLCI), et les collectivités territoriales sont concernées au même titre que les entreprises locales, constate Serge Valentin, directeur adjoint de la formation de la délégation régionale du CNFPT. La lutte contre l’illettrisme est une priorité fixée de longue date. Nous traitons cette problématique depuis 2006 avec la création de formations aux compétences clés en relation avec les réseaux LiRE (Lire réussir ensemble) et APP (Atelier de pédagogie personnalisée), mis en place par le Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. » Ciblant les demandeur.euse.s de formation les moins qualifié.e.s, ces dispositifs permettent de revoir les fondamentaux en français et en mathématiques, mais aussi d’acquérir la culture technologique indispensable pour utiliser Internet. Ces formations d’une courte durée (souvent inférieure à cinquante heures) offrent aux personnes en difficulté avec l’écrit, l’occasion de développer leur culture générale et d’« apprendre à apprendre ».

Vers de nouveaux bassins d’emploi. Depuis, le dispositif à destination des agent.e.s des collectivités s’est considérablement étoffé. Les responsables locaux.ales ont rapidement émis le souhait de contractualiser directement avec le CNFPT. Après l’organisation d’un appel d’offres auprès d’organismes spécialisés, les programmes consacrés aux savoirs de base sont aujourd’hui dispensés sur cinq bassins d’emploi. Chaque agent.e peut ainsi bénéficier d’une formation à proximité de son lieu de résidence ou de travail. « La montée en puissance du dispositif est progressive depuis trois ans, souligne Serge Valentin. En 2013, 357 agent.e.s devraient bénéficier d’une moyenne de cent vingt heures de formations personnalisées aux savoirs de base. Par ailleurs, nous mettons en place des programmes dédiés au repérage des personnes en situation d’illettrisme, à destination des services des ressources humaines des collectivités. » 

Anticiper pour les emplois d’avenir. Malgré cette mobilisation régionale et les résultats obtenus, Serge Valentin est convaincu que la problématique de la lutte contre l’illettrisme risque de prendre encore de l’ampleur. « Les premières évaluations portant sur les jeunes qui entrent dans le cadre du dispositif des emplois d’avenir laissent penser que nous devrons traiter d’un illettrisme plus profond que celui auquel nous avons été confronté.e.s jusqu’à présent », estime-t-il. Alors que le résultat moyen obtenu aux tests d’évaluation était plutôt de niveau 2 (sur l’échelle de l’ANLCI qui en compte 4), il semblerait que la moyenne soit plutôt de niveau 1 auprès de ces jeunes. « Cela imposera sans doute d’envisager des programmes de formation plus longs », conclut Serge Valentin. Sur la base des premières simulations, il faudra probablement doubler le temps nécessaire à l’acquisition du niveau 4. Soit deux cent cinquante heures de formation.

 

Publié à l'occasion de la parution du Livret "L'illettrisme", en Novembre 2013.