
« Ce sont les agent.e.s de terrain qui ont exprimé le besoin d’être formé.e.s spécifiquement à la problématique de l’illettrisme, explique Marie-Christine Gire, conseillère formation de la délégation Languedoc-Roussillon du CNFPT. En 2011, lors d’une réunion regroupant près de quarante représentant.e.s des bibliothèques et médiathèques de la région, les participant.e.s ont souhaité la création d’une formation spécifique pour les aider à amener des personnes en difficulté avec l’écrit vers leurs établissements. C’était une première prise de conscience. »
Depuis, des actions ont vu le jour à Carcassonne, où a été élaborée une formation en lien avec le centre de ressources local sur l’illettrisme, au sein de la Communauté d’agglomération de Montpellier ou du Conseil départemental de l’Hérault. Consolider cette dynamique émergente est une priorité grandissante dans une région qui gagne mensuellement 10 000 nouveaux.elles habitant.e.s de toutes conditions. Mais pour l’instant, et malgré des projets porteurs, la lutte contre l’illettrisme souffre encore d’un déficit d’affichage.
« Les initiatives fleurissent afin de créer des liens entre associations, médiathèques et bibliothèques, souligne Marie-Christine Gire. Je suis convaincue que nous devons jouer à fond l’effet réseau. La complémentarité est totale entre les associations de terrain, qui connaissent parfaitement les besoins et les craintes des personnes en situation d’illettrisme, et les centres de ressources fantastiques que constituent les bibliothèques et médiathèques. Cela nécessite certainement un changement de regard et la mise en place de gestes d’accueil très simples, pour faire en sorte qu’une personne illettrée se sente naturellement à sa place au sein de lieux consacrés à l’écrit. » À cet égard, les initiatives menées auprès des mères ou des personnes incarcérées au sein de la médiathèque de Pierresvives du Conseil départemental de l’Hérault sont particulièrement exemplaires.
Publié à l'occasion de la parution du Livret "L'illettrisme", en Novembre 2013.