Une politique d’entretien raisonné

Depuis 2005, la Ville d’Angers déploie une politique volontariste pour réduire l’usage de produits phytosanitaires avec pour objectif de tendre vers le « zéro phyto ». Une démarche accompagnée et soutenue par le CNFPT.

La Ville d’Angers gère environ 550 hectares d’espaces verts municipaux, mais aussi, au niveau intercommunal, cinq grands parcs et les espaces publics des zones d’activités industrielles et commerciales. « Grâce à une gestion raisonnée, la consommation de produits phytosanitaires pour l’entretien de nos espaces verts a déjà baissé de plus de 50 % entre 2004 et 2011, précise Fanny Maujean, directrice des Parcs, jardins et paysages de la Ville. Pourtant, les surfaces entretenues augmentaient, dans le même temps, de 10 % ! Aujourd’hui, plus de 72 % des espaces verts angevins sont en zéro phyto [98 % pour les parcs communautaires, ndlr]. Les 28 % restant concernent des espaces très exigeants comme les douves du Château ou le Jardin du Mail… Des jardins patrimoniaux à la française qui ne souffrent aucun écart et où il est difficile d’accepter la présence d’adventices [plantes qui poussent librement dans un endroit où on ne le souhaite pas, ndlr]. »

Sensibilisation et formation des agent.e.s. À partir de 2010, les actions se développent à un rythme plus soutenu, afin de tendre vers le « zéro phyto » d’ici 2014. Pour Fanny Maujean, « c’est un travail de longue haleine qui doit tenir compte des impératifs techniques, tout en mobilisant le plus grand nombre : élu.e.s, agent.e.s et grand public. C’est aussi une nouvelle façon d’appréhender les lieux publics de la ville. Avec des espaces où les herbes poussent librement et où la présence de ces plantes dites "adventices" sur les trottoirs, dans les cimetières ou dans les jardins, n’est pas synonyme de mauvais entretien. »

Afin de porter au mieux cette politique d’entretien raisonné, les agent.e.s municipaux.ales ont été accompagné.e.s par la ville et le CNFPT. « Chaque année, nous mettons en place des formations qui suivent un plan pluri-annuel, en lien étroit avec le CNFPT, souligne Fanny Maujean. Après avoir précisé notre méthodologie de travail, nous construisons notre offre ensemble dans l’idée d’entretenir et de développer les compétences des agent.e.s. »
En 2012, 14 actions de formation ont ainsi été engagées auprès de 55 agent.e.s. Les thématiques abordées étaient précises et variées : reconnaissance de la flore locale, taille des arbustes, techniques alternatives au désherbage chimique et l’agronomie, etc.

Retrouvez l’intégralité des formations proposées par le CNFPT sur ce sujet, dans le dossier formation « certi-phyto ».

CNFPT, le point de vue de Carine Mary, Responsable de l’unité pédagogique « interventions techniques » et conseillère formation à la délégation des Pays de la Loire. « Depuis 2010, dans la région des Pays de la Loire, 1 580 agent.e.s ont été formé.e.s par le CNFPT aux pratiques zéro phyto. Ce nombre est évalué au regard des participant.e.s aux formations dédiées aux pratiques alternatives à l’utilisation de produits phytopharmaceutiques (gestion différenciée, mise en place d’un plan communal de désherbage, protection biologique intégrée, etc.). La volonté du CNFPT est d’offrir, dans toutes les régions, un panel de modules adaptés aux métiers des agent.e.s et des décideur.euse.s territoriaux.ales.

Suite aux dernières évolutions réglementaires, le CNFPT a également été habilité par le ministère de l’Agriculture, à délivrer la formation certiphyto. L’objectif est de sécuriser et de réduire l’utilisation des produits phytopharmaceutiques tout en sensibilisant les collectivités aux pratiques alternatives. En Pays de la Loire, rendez-vous est donc pris à la rentrée 2013 pour mettre en œuvre ce nouveau dispositif. »