Une démarche participative pour sensibiliser les agent.e.s aux écogestes

Dans le cadre de l’acte II de son Agenda 21, la Ville de Pessac a lancé un vaste plan de formation en cinq modules, dont un dédié à la sensibilisation des agent.e.s aux écogestes. Fin 2012, la collectivité a sollicité le CNFPT pour bénéficier de son expertise.


Tout est parti d’un constat. Si les agent.e.s connaissent la plupart des écogestes, elle.il.s peinent à se les approprier, voire à simplement les tester… « Les raisons sont multiples et variées, précise Vincent Sennes, universitaire et chercheur en écologie humaine à l’Université Bordeaux 3, mais aussi expert et formateur pour la délégation Aquitaine du CNFPT. Inadéquation du message par rapport à la réalité quotidienne des personnes, sentiment de faible efficacité d’un "petit" écogeste, scepticisme quant au bien-fondé scientifique de la démarche, ou encore refus d’approches vécues comme infantilisantes ou directives… »


Bref, malgré les démarches entreprises lors du premier acte de son Agenda 21, Pessac n’a pas enregistré les résultats escomptés. « Nous avons donc réfléchi, avec Vincent Sennes, à une autre approche plus participative, indique Marie-Claude Bonjour Darmagnac, conseillère formation à la délégation Aquitaine. L’idée est de placer les agent.e.s au cœur de la construction du référentiel d’écocitoyenneté et de s’appuyer pour cela sur des outils coopératifs. »


Un plan de sensibilisation ciblé. Dans un premier temps, la ville a recruté deux personnes en service civique afin de réaliser un audit auprès du personnel. « Un questionnaire a ainsi été réalisé pour tester la sensibilité des agent.e.s à l’écocitoyenneté (freins, motivations, thèmes les plus interpellants, etc.) et établir une typologie de cette sensibilité aux écogestes (selon les services, l’âge, etc.). À terme, ce diagnostic permettra de mener des actions de sensibilisation ciblées, souligne Vincent Sennes. Mon rôle est d’accompagner la collectivité dans cette démarche participative. Parmi les outils qui pourraient être mis en place, celui du "world café" est particulièrement intéressant. Il s’agit de tables rondes thématiques [ndlr : communication et archivage, confort au bureau, déplacements professionnels, ou encore repas et pause-café] auxquelles les personnes participent à tour de rôle par groupe de quatre. Chaque table doit dégager trois motivations et trois freins au changement, avant de déterminer trois actions susceptibles d’être menées pour inciter à changer de comportement. À l’issue  du "world café", un document est distribué à chaque participant.e pour l’inciter à intégrer une ou plusieurs thématiques d’action. Un dispositif malin qui permet passer de la théorie à l’action ! »