
Une solution bio pour les chenilles processionnaires. La mairie d’Auch n’en est pas à son coup d’essai. Depuis des années, elle utilise également une méthode naturelle contre les chenilles processionnaires, dangereuses pour l’arbre et urticantes pour l’homme : des pièges à phéromones qui bloquent la chaîne de reproduction en faisant disparaître les mâles.
Un prédateur naturel. Pourquoi recourir à des insecticides alors que la nature a prévu un prédateur naturel ? Chaque année, les 16 tilleuls de Crimée de la place de la Libération, à Auch, préfecture du Gers, sont envahis par les pucerons. Une attaque biologique aussi néfaste pour les arbres que pour les estivants. Non seulement les pucerons sucent la sève des arbres, mais ils déposent un exsudat sucré (le miellat) qui colle aux bancs et aux tables des terrasses… Une véritable nuisance pour cette place très touristique. Engagé depuis cinq ans dans une démarche de protection biologique, le service des espaces verts de la ville a testé cet été un prédateur naturel : la coccinelle. Pourquoi ? Car sous l’innocente apparence de ce sympathique coléoptère se cache une redoutable bête féroce capable d’ingurgiter pas loin d’une centaine de pucerons par jour. Mais il y a encore plus vorace que la coccinelle… Sa larve, qui, elle, avale plusieurs centaines de pucerons en une seule journée.
Pour le respect de l'environnement. En juin dernier, les restaurateurs de la place de la Libération ont vu les tilleuls se parer d’étranges sacs remplis de larves de coccinelle fournies par la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredec). Une opération délicate, comme l’explique Jean-Marie Leclerc, responsable des espaces verts : « Pour qu’elle soit totalement efficace, il faut la faire en présence des pucerons. Ces derniers doivent être assez nombreux pour que leurs prédateurs ne migrent pas ailleurs. » Menée dans les règles de l’art, la parade s’avère très efficace, comme l’atteste l’opération de juin dernier. « Nous avons posé environ 400 larves par arbre. En quelques heures, nous les avons vues se déplacer sur les branches et s’attaquer aux pucerons. Le miellat déposé sur les tables a pratiquement disparu », témoigne Jean-Marie Leclerc.Une solution beaucoup plus respectueuse de l’environnement que les pesticides… « Non seulement on évite l’utilisation de produits chimiques, et ses conséquences sur la qualité de l’eau, de l’air et du sol, mais on préserve la biodiversité. »
Le lâcher de larves de coccinelle régule en effet la présence des pucerons, sans les éradiquer, ce qui laisse aux mésanges de quoi s’alimenter. Alors que les pesticides, eux, ne font pas de détail : ils éliminent tous les pucerons et, dans le même temps, leurs prédateurs, les coccinelles…
Publié dans Service Public Territorial n°1, de novembre 2011.