
Ecologie et insertion. Rares sont les initiatives qui permettent de concilier les intérêts des trois bases du développement durable : l’économique, le social et l’environnement. C’est donc tout l’intérêt de l’expérience conduite depuis 2010 par la ville de Besançon. « À l’origine de ce projet, il y avait un travail mené conjointement avec l’Ademe pour améliorer le bilan écologique des festivités de Noël. Nous avions réalisé beaucoup d’efforts en matière d’énergie, en réduisant notamment l’ampérage accordé aux marchands… Puis, nous avons cherché une solution alternative aux gobelets en plastique utilisés notamment pour la distribution de vin chaud », se remémore éric durand, chargé de mission développement durable. Eric durand entre en contact avec Ecocup, une entreprise d’insertion créée en 2005 par quatre amis des Pyrénées-Orientales, inspirés par une initiative espagnole.
Leur idée ? mettre à la disposition des organisateurs d’événements des gobelets réutilisables lavables, en échange d’une caution de 1 euro. Partenaire d’événements comme les eurockéennes de Belfort, la route du rock à saintmalo ou solidays à Paris, ecocup n’a pas, à l’époque, l’expérience d’un tel dispositif étalé sur un mois, la durée du marché de noël. L’initiative fait donc l’objet d’un montage spécifique et d’une convention tripartite en juillet 2010 entre l’entreprise d’insertion ecocup, la ville de Besançon et le Centre des handicapés au travail (Chat). rôle de ce dernier ? Gérer le stock, distribuer les gobelets propres et récupérer les gobelets sales pour les laver. « Nous aurions peut-être pu faire plus simple, mais nous tenions à conjuguer les impératifs environnementaux et sociaux. C’est quand on associe les deux que les actions prennent tout leur sens », analyse Eric Durand.
150 manifestations par an. Chaque année, 50 000 gobelets sont mis en circulation sur le marché de noël, dont 10 % sont gardés en souvenir par le public. C’est une opération bénéfique sous tous les angles de vue. Les vendeurs de boissons économisent sur l’achat des gobelets jetables et l’organisateur améliore la gestion des déchets. Chaque euro encaissé par gobelet non restitué (client qui emporte son gobelet et ne récupère pas la consigne) est partagé entre ecocup et le Chat pour la logistique et le lavage des gobelets. « Pour que le système fonctionne, il faut qu’une partie des visiteurs garde le verre en souvenir. Mais c’est toujours le cas. Les verres sont ludiques, graphiquement intéressants. Il y a toujours une certaine proportion des participants qui préfère les garder », note Eric Durand.
Forte de l’expérience du marché de noël, la ville de Besançon met désormais des verres recyclables à la disposition de l’ensemble des organisateurs d’événements publics. Clubs sportifs, associations, écoles… L’opération a fait des émules et, aujourd’hui, environ 150 manifestations font chaque année le choix du gobelet recyclable.
Une initiative qui fait des émules. L’expérience de Besançon est suivie par ses voisins. Colmar et mulhouse recourent au même système pour leurs marchés de noël. Parallèlement, le syndicat mixte de Besançon et sa région pour le traitement des déchets (syBert) s’est associé à la démarche de la ville et propose les gobelets réutilisables aux associations, communes et à leurs partenaires pour leurs manifestations.
Le mot de Eric Durand, Chargé de mission développement durable
“ C’est quand on associe les impératifs environnementaux et sociaux que les actions prennent tout leur sens. ”
Publié dans Service Public Territorial n°6, de décembre 2012.