La France, première destination du tourisme durable ?

En 2030, la France a pour ambition de devenir la première destination mondiale de tourisme durable. Les collectivités se mobilisent sur le sujet depuis des années et l'Etat soutient les initiatives locales, dans le cadre du dispositif Destination France. Un enjeu important, sachant que le tourisme représente en France 7 % du PIB et 11% des émissions de gaz à effet de serre.

 

L'Hexagone a pour ambition de devenir en 2030 la première destination mondiale de tourisme durable. Les collectivités territoriales se mobilisent sur le sujet depuis des années.

 

"La crise a toujours été un formidable accélérateur de changement", déclare Sophie Portier, responsable du Fonds tourisme durable à l'Ademe (cf son interview plus bas). Une chance que l'Etat et les collectivités sont en train de saisir…

En 2020, le gouvernement, dans le cadre de France Relance, crée le Fonds tourisme durable. 50 millions d'euros sont mobilisés pour aider les acteurs du tourisme (hébergeurs, restaurateurs et professionnels du slow tourisme) à investir dans des projets écologiquement vertueux. L'objectif est double : la résilience économique face à la crise (en donnant les moyens à ces professions de rebondir) et la transition écologique.

Le Fonds permet notamment le financement de vélos cargos pour assurer l'approvisionnement et les livraisons des restaurateurs, d'équipements pour développer le fait maison (sorbetières, yaourtières, etc.), ou pour économiser l'eau, l'énergie pour les hébergeurs, etc.

En 2021, rebelote. Le gouvernement prolonge le fonds jusqu'en 2024 et élargit son périmètre à la rénovation énergétique des bâtiments, dans le cadre de Destination France. Un nouveau dispositif destiné à conforter la France comme première destination touristique mondiale (avec 89 millions de touristes par an, juste avant la pandémie) et nouveauté, en faire, en 2030, la première destination de tourisme durable.

 

7 % du PIB et 11 % des émissions de gaz à effet de serre (GES)

L'enjeu est important, tout d'abord d'un point de vue écologique. Le tourisme représente 7 % du PIB et 11 % du total des émissions de gaz à effet de serre du pays. Soit 118 millions de tonnes de CO2 émises par an, dont 77 % imputables au transport (avec 40 % lié à l'avion), 7 % à l'hébergement, 6 % à la restauration, 1 % au sport, aux loisirs et à la culture.

L'une des pistes identifiées est le développement du tourisme de proximité. Un axe d'autant plus pertinent qu'il correspond à de nouvelles attentes des clients, accentuées par la pandémie. Partir à 3 000 kilomètres pour se dépayser n'est plus le modèle unique de vacances. La crise sanitaire a fait émerger de nouvelles aspirations et par là même occasion, un enrichissement lexical. On parle désormais de "staycation" (pour caractériser ceux qui prennent des vacances dans un périmètre proche de chez eux), de "Flygskam" (expression suédoise que l'on pourrait traduire par "la honte de prendre l'avion"), de "Workation" (chercher à concilier travail et vacances, par exemple en télétravaillant dans un van itinérant).

Une nouvelle tendance est aussi apparue, une sous-famille des staycation, la recherche de micro aventures. Soit des aventures "courtes, proches de chez soi, qui s'insèrent dans le quotidien", pour reprendre les termes de l'aventurier conférencier anglais Alastair Humphreys.

L'aventure en bas de chez soi

La microaventure peut consister dans une expérience de ski de randonnée de 5 heures à 7 heures du matin si on habite près d'une montagne, l'ascension du mont Aiguille pour goûter des plaisirs "minuscules", comme y savourer le coucher de soleil, mettre une guirlande lumineuse sur sa tente, boire un bon vin dans des verres en cristal. Avec cette particularité que l'individu, ou le groupe, fabriquent leur expérience tout seuls, sans passer par un acteur du tourisme. "C'est une forme de "hold up" sur le temps. On s'autorise des micro vacances dans les interstices du travail, et cela échappe totalement au système marchand", explique Marielle Salvador, enseignant chercheur qui a étudié ces phénomènes avec Hélène Michel et Dominique Kreziak., également enseignants chercheurs.

Une recherche d'authenticité et de naturalité

De nouvelles tendances difficiles à exploiter pour les acteurs du tourisme, puisqu'elles sont avant tout individuelles, "sauvages", et improvisées.… Mais qui révèlent de nouvelles aspirations, partagées par un nombre croissant de vacanciers : recherche d'authenticité, retour vers plus de naturalité, appétence pour le slow tourisme, recherche de modes de vie à moindre impact écologique.

Autant de mutations sur lesquelles les collectivités sont résolues à surfer, en accompagnant les professionnels du tourisme, en structurant les mobilités douces (train+vélo ou marche à pied), et via leurs supports de communication touristiques.  

Le site http://www.tourismebretagne.com, qui multiplie les articles sur les voyages responsables et le tourisme vert ("cinq hôtels écolo chic", les "trois week ends pour une échappée green en Bretagne", "Des restos locavores au top", "Où boire une bière made in Breizh?", etc.),  est un bon exemple.

"On donne aux touristes des éléments de choix et l'on met l'accent sur le tourisme vert. C'est sûr que l'on ne fera jamais la une du site sur le jet ski !", explique Laetitia Harel, chargée de mission tourisme durable au CRT Bretagne. Et d'ajouter "En même temps, l'idée est bien qu'un jour, on ne parle plus de tourisme durable, mais de tourisme tout court, le développement durable étant intégré sur toute la chaîne de valeur".

 "La crise sanitaire est l'occasion pour les acteurs du tourisme de s'engager vers la transition écologique"

 

 

Un an après le lancement du Fonds du tourisme durable, porté par l'Ademe, quel bilan peut-on en faire ?

Le fonds fonctionne très bien, principalement dans les régions touristiques comme La Nouvelle Aquitaine, l'Occitanie, l'Auvergne Rhône-Alpes, la Bretagne et la Corse. Plus de 2 400 diagnostics ont été réalisés par les partenaires de l'Ademe, majoritairement pour des hôtels, gîtes et campings et plus de 1 400 dossiers de demandes de subvention ont été déposés. L'une des bonnes surprises est le succès du volet consacré au slow tourisme, destiné à soutenir le développement d'offres de tourisme durable et responsable dans les territoires ruraux (dans les communes de moins de 20 000 habitants), en couvrant une partie des coûts liés au développement et à la réalisation de projets.  521 dossiers ont été déposés, et 73 lauréats ont été retenus, soit 62 en métropole et 11 en outre-mer, pour un montant total d'aides de 4,7 millions d’euros et 65 000 € en moyenne par dossier.  Nous ne nous attendions pas à une vague d'une telle ampleur… Au départ, l'enveloppe globale prévue était de 2 millions d'euros, elle a finalement été multipliée par deux en raison de l'engouement suscité

Concrètement, qu'est-ce que ce fonds a apporté aux hébergeurs, restaurateurs et acteurs du slow tourisme ?

Globalement, les acteurs du tourisme ont un véritable intérêt pour le tourisme durable. Ils ont conscience qu'il faut propose ce type d’offres  car cela correspond à des attentes croissantes de leur clientèle.  Mais ils manquent de temps et ne savent pas toujours par "quel bout" commencer. Le fait d'avoir, avec ce fonds, des partenaires qui les aident à dresser le diagnostic et les accompagnent est décisif.

Certains acteurs étaient déjà engagés dans cette démarche et ont pu accélérer leur mutation. "Je l'aurais fait dans trois à cinq ans, grâce au fonds, j'ai pu engager les investissements dès maintenant ", déclarent-ils. Les profils sont très divers… Une partie des candidats obéissent à une logique économique. Ils sont motivés par un souci d'économies d'énergie et d'eau, dans un contexte où ces charges n'arrêtent pas également de progresser.

Le fonds tourisme durable leur a permis de s'engager dans la transition écologique, en finançant des dispositifs générant davantage de sobriété. Ils font ainsi "coup double" : ils améliorent leur trésorerie et agissent pour l'environnement.

Et pour le volet slow tourisme ?

Parmi les 73 lauréats de l'appel à projets lancé en 2021, on retrouve des offres d'hébergement agrotourisques, œnotouristiques, gastronomiques et des activités slow touristiques. Soit par exemple un projet d'éco gîte jurassien qui propose de partir à la découverte du cheval et de la région, de rencontrer des agriculteurs et vignerons. Ou toute une palette de séjours en immersion : un camp écotouristique guyanais qui propose une plongée dans la forêt à la découverte de la culture autochtone amérindienne, des hébergements insolites (yourtes, chalets de laponie, roulottes, maisons bateau, etc.), des expériences orientées vers la nature et la relaxation (découverte de la permaculture, apiculture, land art, herboristerie, etc.).

Cela a le mérite de fixer une ambition et un cap. Reste que cette question est très compliquée au regard du poids économique du tourisme en France (8% du PIB Français, et 90 millions de touristes étrangers en 2019). On peut développer une offre de tourisme plus durable dans les territoires, et c'est très bien. Mais si une majorité écrasante de touristes prend l'avion pour s'y rendre, le bilan carbone global ne sera pas bon. Le Costa Rica, par exemple, se targue d'être "la première destination tourisme durable", car son offre est axée sur la nature et la défense de la biodiversité. Mais tous les touristes arrivent en avion.

 

Dans le cadre de Destination France, plan de reconquête et transformation du tourisme lancé en novembre 2021, l'Etat ré-abonde le fonds du tourisme durable et fixe comme ambition d'être en 2030 la première destination du tourisme durable. Que pensez-vous de cet objectif ?

En France, plus de 70% de l'empreinte carbone d'un touriste découle du transport, dont 41% de l'avion. Si on n'agit pas sur les transports, on ne progressera pas. Pour atteindre l'objectif de destination durable, la clientèle touristique à attirer est celle de proximité, française et européenne, qui peut se déplacer en train!

Quels sont néanmoins les leviers d'action, pour réduire l'impact écologique du tourisme lié aux transports ?

L'une des solutions consiste à rendre désirable le tourisme de proximité, en surfant notamment sur des tendances comme le "staycation", cette tendance émergente qui vise à s'offrir des vacances, non pas lointaines, mais sur son territoire. L'appel à projets slow tourisme va dans ce sens. Pourquoi aller chercher le dépaysement à 3 000 kilomètres alors que l'on peut partager la vie d'un berger à proximité ?

Et les autres leviers ?

Inciter les touristes à venir sans leur voiture et à utiliser sur place tout mode de transport qui n'émet pas ou peu de CO2 : vélo, marche à pied, ou transport en commun. Plusieurs régions touristiques se sont attelées à cette question, comme la Bretagne, l'Occitanie, la Nouvelle Aquitaine. En Bretagne, le CRT, le conseil régional et l'Ademe ont lancé en partenariat l'opération "En Bretagne sans ma voiture". L'idée est d'accompagner les professionnels du tourisme pour qu'ils développent une chaîne complète de mobilité : pour venir, se déplacer pendant le séjour et se divertir. A leur arrivée, les hébergeurs donnent à leurs clients un carnet de voyage avec toutes les facilités de déplacement. Avec ces propositions, la Bretagne souhaite se positionner comme une destination de court-séjour et séduire notamment les parisiens, dont un tiers ne bénéficie d'aucune voiture personnelle. De leur côté, la région Occitanie et le comité régional du tourisme et des loisirs ont lancé les billets LiO à un euro le week-end pour tous les voyageurs et tous les jours pour les moins de 26 ans, ainsi que des offres combinées incluant transport et accès à des évènements touristiques. Quant à la Nouvelle Aquitaine, en partenariat avec l'Ademe, elle soutient le développement par les professionnels de séjours clef en main associant trains, vélo et transports en commun. L'opération dans un premier temps est lancée à Bordeaux et dans le Pays Basque.

Quel est l'intérêt de ces démarches ?

Faire en sorte que les touristes "oublient" leur voiture pendant les vacances.  Outre l'effet sur le CO2, cela permet de désencombrer les sites, de ne plus dénaturer les sites avec d'immenses parkings et réduire les investissements liés à l'accueil des véhicules.

 

Le Covid a permis aux Français de redécouvrir la France et d'autres modalités de tourisme que le tourisme de masse, davantage tournées vers la nature. Pensez-vous que cette tendance va perdurer, ou que les Français vont reprendre leurs anciennes habitudes ?

 

C'est très compliqué de distinguer ce qui relève du structurel ou du conjoncturel. La crise sanitaire s'est en effet traduite par une relocalisation du tourisme. Est-ce que cela va se poursuivre et s'amplifier ? Difficile à dire.

Tourisme Bretagne, en partenariat avec ADN Tourisme et l'UNAT a réalisé une étude sur les nouvelles aspirations des Français qui met en lumière des attentes nouvelles : 62 % des français souhaitent prendre leur temps pendant leurs vacances ; 70 % souhaitent voyager de manière plus responsable ; 69 % vivre comme un local et 65 % éviter de prendre l'avion.

Tout cela pourrait conduire à l'optimisme, mais il faut noter que cela relève du déclaratif. Il y a souvent un décalage entre ce qu'on dit et ce qu'on fait. Ce qui est sûr, c'est que de nouvelles aspirations ont émergé ou se sont amplifiées avec le Covid et que les territoires ont une carte à jouer. On sait que les crises sont des accélérateurs du changement :  le tourisme a une vraie chance à saisir pour entrer dans la transition écologique. A la rentrée, l'Ademe présentera sa feuille de route sur le tourisme durable et les dans le cadre de destination France, notamment sur deux sujets, les vélo routes et l'empreinte carbone du secteur.

Confrontée à la diminution progressive de l'enneigement, la station de ski du Jura prend son avenir en main et construit avec les acteurs du territoire un autre futur touristique.

Face au réchauffement climatique et à la diminution, année après année des périodes d'enneigement, différentes attitudes sont possibles pour les gestionnaires des stations de ski alpin. Se voiler la face, considérer que le ski a encore de beaux jours devant lui et assurera encore pendant longtemps le dynamisme économique de la région. Ou se pencher sérieusement sur la question, étudier les modèles climatiques qui évaluent, pour chaque station, l'évolution de l'enneigement dans les années à venir et leur capacité à maintenir l'exploitation. Comme par exemple le modèle Climsnow, créé par Météo France, l'Inrae et le bureau d'étude Dianège.

Les limites de la neige de culture

Olivier Erard, ingénieur des mines, glaciologue et directeur du syndicat mixte du Mont d'Or (SMMO), le syndicat en charge de l'exploitation de la station de Métabief, dans le Haut-Doubs, appartient clairement à la deuxième catégorie. "Selon les projections, il est fort probable que dès 2030 notre modèle actuel, aujourd'hui majoritairement basé sur le ski alpin, ne sera plus viable", résume-t-il.

Située entre 900 à 1463 mètres, Métabief fait partie de ces stations de moyenne montagne obligées de repenser leur avenir, devenu beaucoup trop incertain.  "En 2006, nous avons relancé la station en investissant dans la neige de culture. Mais cela ne la sauvera pas éternellement, car celle-ci nécessite une température de -3 degrés. Or depuis ces cinq dernières années, nous n'avons pas eu ces températures en dessous de 1000 mètres d'altitude".

S'ajoute à cela le poids des investissements à réaliser pour maintenir le domaine skiable en l'état, notamment pour les remontées mécaniques. "Un télésiège, c'est à chaque fois entre 4 millions d'euros et 7 millions d'euros", précise Olivier Erard. Difficile à amortir quand la station sera réduite de moitié, cantonnée dans quelques années aux pistes situées au-dessus de 1 100 ou 1 200 mètres, faute d'enneigement… En d'autres termes, "les calottes sont cuites ! ", pour reprendre le titre d'un podcast édité par Géo et Météo France.

Créer une nouvelle dynamique collective, à l'échelle du Haut Doubs

En 2019, les élus du SMMO, présidé par Philippe Alpy, réalisent qu’il faut changer de modèle. "Si l'on ne fait rien la casse sociale serait immense. Sans le ski alpin, le chiffre d'affaire de la station serait divisé par cinq. Il faut donc anticiper les choses et faire monter d'autres activités pour être prêt quand les revenus liés au ski diminueront", précise l’élu.

 Le SMMO crée alors une mission d'ingénierie de la transition climatique financée avec une part du produit de la Taxe sur les Remontées Mécaniques.  Objectif ? Engager la réflexion avec l'ensemble des parties prenantes, favoriser l'émergence de nouveaux projets et les accompagner sur l'ensemble du Haut Doubs.

"Penser que la diversification du seul domaine skiable suffira est un leurre. Il faut créer une nouvelle dynamique au niveau du territoire". 

Certains acteurs du tourisme sont déjà dans le mouvement, comme un opérateur de séjours qui s'est positionné dans l'ultra trail et les clubs outdoor qui se fédèrent.

Une approche de co-développement avec les parties prenantes qui tranche avec la planification centralisée des dernières décennies. "Cette méthode est particulièrement adaptée aux démarches de transition. Pour reprendre les mots d'Einstein, on ne peut pas régler un problème avec la méthode qui l'a créée", note Olivier Erard.

En soutien de cette transition, la Région Bourgogne-Franche-Comté et le commissariat de Massif du Jura ont d'ores et déjà financé un projet de luge 4 saisons pour cette année et la Banque des Territoires et l’ANCT accompagnent le déploiement de l’ingénierie dans le cadre du Programme Avenir Montagnes Ingénierie.

La Région mise sur le développement de l'offre d'hébergement, loin des sentiers battus du littoral et surfe sur le succès d'un jeu de piste, le mystère Abgrall, pour inviter les touristes à explorer ses richesses intérieures.

En Bretagne, la majorité des touristes restent sur le littoral. Une situation que la région souhaite faire évoluer, pour éviter la concentration des flux estivaux sur les mêmes points d'attraction, qui nuit à la qualité de l'expérience touristique et augmente les risques de dégradation des espaces naturels. D'où le mot d'ordre : tout mettre en œuvre pour que les touristes aient envie de découvrir les autres richesses de la Bretagne, comme la forêt de Brocéliande, celle du Huelgoat, les Monts d'Arrée, etc.

"Les richesses sont là. Néanmoins, pour attirer les touristes, il faut pouvoir les héberger. Or une majorité de l'offre touristique est située sur le littoral", analyse Laetitia Harel, chargée de mission tourisme durable au comité régional du tourisme de Bretagne (CRT Bretagne).

Pour développer l'offre sur ces territoires, le CRT Bretagne organise des appels à projets, comme celui qui porte sur les maisons éclusières et incite les acteurs locaux à imaginer des solutions d'hébergement, ou des activités, du style guinguettes ou autres.

 

Une cinquantaine de dossiers ouverts dans le cadre du Fonds tourisme durable

Comme dans toutes les régions, le Fonds tourisme durable est venu en aide pour aider les acteurs locaux à s'engager dans des démarches de développement durable. Une cinquantaine de dossiers ont été ouverts à ce jour. Le volet slow tourisme permet notamment de structurer des offres de tourisme alternatives, tournées vers la nature et excentrées par rapport au littoral. C'est ainsi que Forêt Totem, un projet d'écogîte au cœur de la forêt bretonne, dans le Morbihan, a pu rénover l'un de ses gites éco responsable. Un coup de pouce à un projet qui épouse toutes les valeurs du slow tourisme… Aux antipodes du spectaculaire ou de la recherche d'adrénaline, Forêt Totem propose à ses hôtes "d'écouter le chant des oiseaux, se promener sur les sentiers, déjeuner sur l'herbe, vivre au rythme de la nature"… Autre exemple, Dihan Evasion, qui propose une offre d'hébergement insolite, avec des cabanes, des bulles et des huttes.

Dans la peau d'un notaire breton

Pour attirer les touristes vers la Bretagne intérieure, le CRT Bretagne mise aussi sur la ludification. Il y a un an, en partenariat avec Les petites villes de caractère et l'union des villes d'Art et d'Histoire et Villes Historiques de Bretagne, il créait un jeu de piste grandeur nature et gratuit :  le Mystère Abgrall.

Celui-ci, par le biais d'une énigme à résoudre, invite les touristes à découvrir 16 communes de la région. Chaque participant peut retirer un kit enquêteur dans les offices de tourisme ou les mairies. Pendant deux heures, il se met dans la peau de Maître Braouzec, notaire à Rennes, chargé de percer le mystère de la succession d'Erwan Abgrall, un riche excentrique qui a laissé après sa mort une fortune colossale, d'origine inconnue. Grand succès, le jeu en est déjà à la saison II…