L’accès aux vacances pour tous

Alors que le taux de départ en vacances des Français n'avait cessé de progresser depuis l'après-guerre, il a commencé à chuter au milieu des années 90. Malgré une légère embellie en 2011, il n'est pas parvenu à retrouver son niveau d'il y a 20 ans. Un phénomène directement lié aux difficultés économiques des classes les moins aisées.

Au milieu des années 90, près des deux tiers des Français déclaraient partir en vacances, selon le Credoc. Ce taux n'a ensuite cessé de baisser, tombant à 50 % en 2008. S'il a depuis remonté, il reste malgré tout en deçà du pic des années 90. Selon les dernières données disponibles, il s'établissait en 2017 à plus de 64 %.

Plus notables encore sont les disparités entre les classes sociales. Au fil des années, les vacances sont devenues un véritable marqueur social : pour partir, il faut avoir les moyens. D'après la dernière enquête réalisée par le Credoc sur ce sujet, seulement 40 % des personnes aux revenus inférieurs à 1 200 euros mensuels étaient parties en congés en 2014, contre 86 % pour celles qui disposent de plus de 3 000 euros. Pour une famille, le budget vacances représente plusieurs milliers d'euros, une somme très difficile à rassembler pour les revenus modestes. Toujours selon le Credoc, 52 % des personnes interrogées déclarent ne pas partir en vacances pour des raisons financières, 13 % pour des raisons de santé, 11 % pour des motifs familiaux et 11 % pour des raisons professionnelles.

 

Des freins financiers et culturels

De fait, les familles les moins aisées cumulent plusieurs handicaps. Difficultés à financer les vacances certes, mais aussi freins culturels. Partir en vacances est ancré dans les habitudes des classes plus aisées : elles ont le réflexe de partir car leurs parents le faisaient avant eux et les y ont habituées dès leur plus jeune âge. Par ailleurs, les familles les plus modestes bénéficient dans unemoindre mesure de l'effet réseau : elles ont moins de chance d'aller séjourner gratuitement dans une maison de famille ou celle d'un ami.

Plus inquiétant encore… Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les aides ne profitent pas à ceux qui en auraient le plus besoin. Les dispositifs les plus efficaces et les plus substantiels (chèques vacances et dispositifs mis en place par les comités d'entreprise) visent principalement la population salariée. Et pas forcément les moins aisés. Selon l'étude du Crédoc réalisée en 2014, 25 % des familles qui avaient pu bénéficier d'une contribution financière directe avaient des revenus supérieurs à 3 000 euros, contre 22 % pour les bas revenus (moins de 1 200 euros). Ainsi, 38 % des professions intermédiaires avaient reçu un coup de pouce, contre 29 % des ouvriers.

 

Un facteur aggravant d'exclusion

Une situation d'autant plus préoccupante que le non départ en vacances joue un rôle non négligeable dans l'exclusion des personnes aux revenus modestes. Ne pas partir dans une société où médias, publicité et réseaux sociaux font des vacances l’alpha et l’oméga du bonheur contribue à un sentiment de dévalorisation. C'est la raison pour laquelle certaines collectivités, comme la commune de Mayenne, par exemple (voir article) ont choisi d'aider les familles les plus précaires à partir. Parce que la coupure des vacances est loin d'être anodine : c'est aussi un vecteur d'estime de soi et d'intégration, qui permet aux familles de se sentir "comme les autres", intégrées au rythme général de la société. Le temps des vacances est un moment critique, sensible où toute personne privée de cette parenthèse peut prendre la pleine mesure de son exclusion. Ou pas, en fonction des politiques et du volontarisme local…

 

Et si les vacances étaient un temps privilégié pour faire avancer les politiques territoriales ? Les vacances sont un moment clé où se jouent beaucoup de choses : la sociabilité, la citoyenneté, le vivre ensemble, la lutte contre l’isolement des personnes âgées, l’apprentissage de l’autonomie pour les plus jeunes mais aussi pour les publics les plus en difficulté. Un moment où l’on peut grandir, apprendre, résoudre des difficultés ou même faire un premier pas sur un chemin de réinsertion. Beaucoup de collectivités en sont convaincues et consacrent des moyens importants pour offrir des vacances à tous. Elles entretiennent leur patrimoine de centres de vacances, apportent leur soutien financier aux seniors, aux jeunes qui réalisent leur premier voyage en autonomie, et incitent les publics en difficulté à épargner pour un séjour familial. En droite ligne de la loi contre les exclusions de 1998, qui fait de l’accès aux vacances et aux loisirs, pour tous, tout au long de leur vie, un objectif national.

CCAS de Mayenne (53)
Un levier d’insertion sociale
Partir en vacances permet de souffler, d’échapper à un quotidien difficile pour les publics les plus démunis. Mais c’est aussi l’occasion d’apprendre à établir un budget, à préparer un projet, à se projeter dans l’avenir… Bref, à développer des réflexes utiles par la suite pour faire face au quotidien. Les vacances peuvent-elles être un levier d’insertion sociale ? C’est le pari qu’a fait le Centre communal d’action sociale (CCAS) de Mayenne, il y a une quinzaine d’années en mettant en place le dispositif d’épargne bonifiée pour les familles mayennaises au quotient familial inférieur ou égal à 800 euros. Les familles sont prises en charge par une conseillère ou un conseiller en économie sociale et familiale du Centre social des Possibles, en lien avec le CCAS. Celle-ci les aide à préparer leur projet de vacances, estime avec elles combien elles peuvent épargner. Les familles mettent de côté chaque mois cette somme convenue à l’avance, complétée ensuite par une aide de la CAF et du CCAS qui peut aller jusqu’à 100 euros.

 

« Les vacances sont une coupure précieuse pour ces personnes ayant de faibles ressources, pour sortir de leur quotidien, se retrouver en famille et se ressourcer. Nous constatons de réels bénéfices pour les parents, de manière durable. Ils se sentent valorisés de pouvoir offrir à leurs enfants, "comme tout le monde", des vacances : l’estime de soi est renforcée. Par ailleurs, les parents prennent conscience de leurs capacités et développent des compétences en s’investissant dans ce projet ponctuel. La démarche d’anticipation financière et organisationnelle peut notamment se transposer dans un projet professionnel, comme la recherche d’une formation ou d’un emploi, etc. »

Solenne Hallais, conseillère en économie sociale et familiale, CCAS de Mayenne

Communauté de communes de Conques-Marcillac (12)
Redécouvrir le potentiel d’un territoire
C’est le grand paradoxe des territoires à fort potentiel touristique : les habitants connaissent mal les ressources prisées par les touristes et n’en profitent pas. « Nous nous sommes aperçus que les jeunes allaient faire du canoë kayak dans les gorges du Tarn, alors qu’ils pouvaient très bien le faire sur place, sur le Lot. Mais ils ignoraient cette possibilité », analyse Lilian Jeantet, coordinateur enfance jeunesse de la Communauté de communes (CC) de Conques-Marcillac. Les élus de la CC ont souhaité valoriser les activités locales par le biais d’une carte multi-activités dédiée aux jeunes. Gratuite, celle-ci donne accès à des activités elles aussi gratuites (accrobranche, paintball, quad, laser games, lieux touristiques et musées, piscine, etc.) et à des réductions (entre 10 % à 30 %) auprès de différents prestataires d’activités de loisirs. Sur les 1 500 jeunes des 12 localités de la CC, 250 ont demandé la carte. Les activités gratuites rencontrent un fort succès et sont toujours complètes. Pour les élus, la carte multi-activités est un moyen de revitaliser un territoire en perte d’habitants et de créer un lien entre les jeunes dispersés sur les douze communes, qui ne se fréquentaient pas forcément. Dans le même esprit, pour créer des solidarités entre les habitants, la Communauté de communes vient de mettre en place le Rezo Pouce, le premier réseau national d’autostop sécurisé. Un modèle gratuit de partage de trajet, alternatif au covoiturage.

 

« Offrir cette carte nous a permis d’établir le contact avec 250 jeunes. Nous pouvons maintenant communiquer avec eux et leur proposer de rejoindre d’autres projets ».

Coordinateur enfance jeunesse de la Communauté de communes de Conques-Marcillac

Pas-de-Calais (62)
Un kit « Sac Ados » pour les jeunes
En 2017, 523 jeunes ont profi té de l’opération Sac Ados, mise en place par le Conseil départemental du Pas-de-Calais, en partenariat avec l’association Vacances Ouvertes. Son objectif ? Favoriser les premières vacances autonomes des jeunes de 16 à 25 ans. Ces derniers élaborent un projet de séjour en groupe de 2 à 6 personnes, avec un minimum de quatre nuits hors du lieu de résidence habituel. Ils établissent un budget prévisionnel, indiquent comment ils vont fi nancer leur séjour et bénéfi cient d’un accompagnement à la préparation des vacances au sein d’une cinquantaine de structures dédiées à la jeunesse et partenaires du Département (points d’information jeunesse, missions locales, services jeunesse de communes, etc). Ils reçoivent alors une bourse d’aide au départ : 150 euros de chèques vacances, des assurances responsabilité civile et rapatriement, un préservatif, des brochures de prévention santé et un… sac à dos. Soit un kit complet pour favoriser l’autonomie des jeunes.

 

« Cette initiative prend place dans une politique globale du département du Pas-de-Calais en faveur de l’autonomie des jeunes, avec notamment une aide au permis ou une bourse initiative jeunes, qui finance des projets comme par exemple un séjour humanitaire. De telles initiatives sont d’autant plus importantes que les nouvelles générations semblent moins autonomes que les précédentes. Beaucoup de parents ont tendance à surprotéger leurs enfants, à les accompagner dans les moindres démarches. Les jeunes sont agréablement étonnés par le dispositif Sac Ados : qu’un département investisse dans l’autonomie des jeunes, cela leur semble extraordinaire ».

Valérie Lanselle, Chargée du dispositif Sac Ados au Conseil département du Pas-de-Calais

Saint-Denis (93)
Les centres de vacances, fierté des Dionysiens
Comme beaucoup de communes, Saint-Denis détient un trésor hérité de l’après-guerre : un patrimoine de huit centres de vacances (dont quatre ouverts en permanence) répartis sur toute la France, à Saint-Hilaire en Vendée, Fondettes en Touraine, Montrem et Daglan en Dordogne, etc. « Ce sont les maisons de vacances des dyonisiens, leur fierté. Les entretenir représente un coût que nous assumons pleinement car ces centres sont au cœur de notre projet : maintenir le droit aux vacances de tous. Sans eux, une partie de la population ne partirait pas. », explique Raphaël Thomas, responsable des centres de vacances de Saint-Denis. Et de poursuivre « c’est aussi une question de construction des individus. Les vacances sont un moment de sociabilisation, d’émancipation, d’élaboration de la citoyenneté. Ce qui s’y passe est unique et a des répercussions durables sur le territoire de Saint-Denis, notamment du point de vue du vivre ensemble ». Pour maintenir ce patrimoine, Saint-Denis a élaboré différentes stratégies. La ville n’échappe pas aux difficultés que connaissent les collectivités propriétaires de centres de vacances depuis une trentaine d’années : érosion de la demande de départ en colonies, baisse des ressources, hausse des coûts d’entretien d’un patrimoine vieillissant et des frais de mise aux normes. Dès les années 90, la ville cherche un équilibre financier en ouvrant l’accès à ses centres à des publics extérieurs : collectivités, organismes publics et associations (comme les Pupilles de l’enseignement public), acteurs du privé, pour des séjours touristiques, des formations au BAFA, des séminaires, etc. Avec succès, car sur 1 million de recettes, 80 % proviennent aujourd’hui de l’extérieur, et 20 % de la participation des familles au coût des colonies. Une stratégie qui porte ses fruits également du point de vue de la demande de colonies. Alors que la désaffection se poursuit au niveau national, l’érosion est stoppée à Saint-Denis depuis une vingtaine d’années.

 

« L’avenir des centres de vacances passe sans doute par la mutualisation au sein des communautés d’agglo. C’est cette réflexion qui est actuellement menée à l’échelle de la Communauté d’agglo de Plaine Commune » 

Raphaël Thomas, Responsable des centres de vacances de Saint-Denis

Hombourg-Haut (57)
Échappées belles pour les seniors
Depuis 2008, le Centre communal d’action sociale de Hombourg-Haut, située dans un bassin houiller du département de la Moselle, facilite le départ en vacances des personnes âgées grâce au dispositif « seniors en vacances » mis en place par l’Agence nationale pour les chèques vacances (ANCV). Cette année, ce sera la Sologne, dans un centre « éthique » à Romorantin-Lanthenais. « L’idée était d’offrir à des personnes de plus de 60 ans non imposables la possibilité de partir en vacances et de sortir de leur isolement », explique Nathalie Andreski, en charge du programme. La ville de Hombourg-Haut a signé une convention tripartite avec l’ANCV et la commune de Freyming-Merlebach, qui a rejoint le dispositif. Les deux villes financent le transport, avec l’appui depuis trois ans d’une subvention de la CARSAT (Caisse d’assurance retraite et de santé au travail). L’ANCV participe aux frais, ce qui réduit de manière significative le reste à charge pour les vacanciers. Cette année, la semaine de vacances, tous frais compris, ne leur coûtera que 238 euros au total par personne. Depuis sa création, l’engouement pour le dispositif ne se dément pas. « Tous les ans, nous avons une liste d’attente, et le jour de l’inscription, les habitants font la queue devant le CCAS », note Nathalie Andreski. Chaque année, une soixantaine de seniors s’offrent ainsi une échappée belle en dehors de la Moselle. Pour certains, c’est une première fois : premier départ en vacances hors de la Moselle ou première rencontre avec la mer… Âge moyen, 70 ans. Avec une proportion plus importante de femmes, mais une présence nouvelle, depuis cette année, de couples. Le séjour produit des effets durables dans la qualité de vie des participants. « Ces derniers prennent l’habitude de se fréquenter et rejoignent beaucoup plus facilement toutes les activités que nous proposons », témoigne Nathalie Andreski. Le CCAS parvient ainsi à son but : offrir des vacances aux seniors mais aussi les faire sortir de l’isolement lié à l’âge.

Pendant des décennies, les centres de vacances détenus par les villes ont été la voie royale pour promouvoir dès le plus jeune âge citoyenneté, lien social et vivre ensemble. Si le modèle est malmené depuis des années, certaines villes se battent pour sauvegarder ce patrimoine et l'esprit des vacances collectives.

Un chapitre du rapport Borloo sur les quartiers prioritaires, présenté en avril dernier au premier ministre, n'est pas passé inaperçu auprès des ardents défenseurs des vacances collectives. Le programme baptisé "À la rencontre de l'autre" note que « 50 % des enfants des familles les plus modestes ne partent pas en vacances quand la quasi-totalité de ceux des familles aisées partent ».
L'ancien ministre rapporte une chute de 20 % en dix ans des vacances collectives des enfants et des jeunes. Une baisse qui n'est pas sans impact sur le pacte républicain. Pendant des décennies, les colonies de vacances ont joué un rôle majeur, notamment dans les banlieues populaires, pour promouvoir la citoyenneté, les valeurs collectives, et le sentiment d'appartenance à une même communauté. Un phénomène qui n'a pas échappé à l'ancien ministre, qui préconise dans son rapport le déploiement « d'expériences collectives (…) permettant d'aller à la rencontre de l'autre ».
Défendre le modèle des vacances collectives, considérées comme un précieux ferment du vivre ensemble et de la citoyenneté ? Un certain nombre de collectivités résistent au phénomène général d'érosion du patrimoine de centres de vacances et se battent pour les conserver et les rénover tout en conservant l’esprit.

Un patrimoine à sauvegarder
C'est notamment le cas de Saint-Denis, qui a hérité d'un important patrimoine issu de l'après-guerre. « À l'époque, la motivation principale de la municipalité était de "reconstruire" la santé des enfants après les rigueurs de la guerre, grâce à une alimentation saine et à la vie au grand air », explique Raphaël Thomas, responsable des centres de vacances de Saint-Denis. Et de poursuivre… « Nous ne sommes plus dans la même logique, même si, nuance-t-il, les questions de santé ont tendance à revenir au-devant de la scène. Les colonies de vacances sont parfois l'occasion de détecter des carences alimentaires ou des problèmes de dentition ».
La ville de Saint-Denis n'a pas échappé à un phénomène général : préserver le patrimoine des centres de vacances est devenu de plus en plus difficile pour les villes. « Celles-ci font face à une double phénomène : la demande de séjours est en baisse, et les coûts de rénovation, d'entretien, de mise aux normes sont exponentiels », pointe Raphaël Thomas. Alors que beaucoup de villes vendent leur patrimoine ou ferment les centres au public, faute de pouvoir financer les frais d'entretien ou de fonctionnement, Saint- Denis a fait un choix inverse. « Ces centres sont au cœur de notre projet politique : favoriser l'accès aux vacances de tous, l'émancipation et la citoyenneté. Nous avons cherché tous les moyens possibles de les conserver », note Raphaël Thomas.
À partir des années 90, la ville a cherché l'équilibre financier en louant des séjours à des acteurs extérieurs, collectivités, organismes et entreprises, associations. Avec succès car sur un million de recettes, 80 % provient ainsi de l'extérieur.

Un seul salut : la mutualisation
Aujourd'hui, elle mise comme les autres collectivités de l'agglomération de Plaine Commune sur la mutualisation des centres et des séjours au niveau de l'agglomération. « Il nous arrive de partager nos moyens, d'une manière ponctuelle. Mais nous souhaitons aller plus loin, vers une mutualisation véritable ».
Plaine Commune n'est pas la seule à y penser. Aujourd'hui, la question fait largement consensus. « Les centres de vacances des collectivités ont un avenir, il est commun ! L'idée qu'une ville puisse garder son patrimoine en le réservant à sa seule population relève du passé », résume Emmanuel Frantz, directeur général de Vacances voyages loisirs (VVL). Le dirigeant de VVL est bien placé pour le savoir… Pionnière de la mutualisation, l'association a été créé il y a cinquante ans sur cette idée : mettre en commun les centres de vacances de différentes villes, pour permettre aux enfants de connaître d'autres centres de vacances que ceux de leur ville d'origine.
Au fil des années, le projet a pris sens. La mutualisation apparaissant comme un moyen de partager et rationnaliser les coûts, d'enrichir l'offre de séjours et de partager les expertises, le savoir-faire en matière de séjours collectifs.
Pour Emmanuel Frantz, le sort des centres de vacances et des séjours collectifs est loin d'être scellé. Certes, les études pointent régulièrement leur irrésistible érosion -à titre d'exemple, en Loire Atlantique et en Vendée, seul un tiers du patrimoine des colos a survécu… « Mais il n'est pas dit qu'ils ne reviennent pas au-devant de la scène. Le scoutisme était en désuétude, il renaît. Le service militaire est à nouveau à l'ordre du jour… Le rapport Borloo préconise le retour des séjours collectifs. Je crois dans les cycles… On sent que les problématiques de cohésion sociale et de mixité ont remis le collectif à l'ordre du jour », argumente Emmanuel Frantz.
Une analyse qui conforte les villes qui, comme Saint-Denis, ont choisi de sauvegarder leur patrimoine et donc de ne pas hypothéquer l'avenir… Car une fois que le patrimoine des centres de vacances aura disparu, difficile de revenir en arrière. Quelle ville  irait aujourd’hui se hasarder à se porter acquéreur d'un centre de colonies ?