L'égalité femme-homme, la longue marche vers l'équilibre

Depuis 1946, l’égalité entre les femmes et les hommes est un principe constitutionnel garantissant aux femmes des droits égaux à ceux des hommes, et ce, dans tous les domaines. Ce principe est confronté aux inégalités de fait, persistantes, tant dans le déroulement des carrières qu’en matière de rémunération. Pour autant, un peu partout en France, des collectivités territoriales se sont engagées au-delà de ce que prévoyait le législateur, pour donner aux femmes une place identique à celle des hommes dans le monde professionnel.

Au-delà de l’égalité de droit

Le 11 mars 1986 sous l’impulsion d’Yvette Roudy, ministre des Droits des femmes, le Premier ministre Laurent Fabius publie une circulaire relative à la féminisation des noms de métier. Treize ans plus tard, le Gouvernement de Lionel Jospin réalise un guide d’aide à la féminisation, Femme, j’écris ton nom. Pour autant, la plupart des métiers se nomment encore au masculin, quand d’autres ne se désignent encore qu’au féminin. Anecdotique ? Pas tant que ça. Pour Réjane Sénac (1), chercheure CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) et présidente de la commission Parité du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, ce fait est même significatif : « On oppose souvent le fondamental (salaire, violence) à l’accessoire (féminisation des noms de métier et de fonctions ou partage du pouvoir, par exemple). Mais cette opposition met surtout en évidence des résistances irrationnelles et structurelles à une transformation d’un ordre sexué inégalitaire fondé sur la sacralisation de la complémentarité des sexes. »

Inscrire l’égalité dans les faits

Depuis le milieu du XXe siècle, le législateur se préoccupe d’instaurer le principe de l’égalité entre les femmes et les hommes (1946). C’est ainsi qu’ont notamment été posées l’autorisation pour les femmes d’exercer une profession sans l’accord de leur mari (1965) et l’inscription dans la loi du principe de l’égalité de rémunération (1972), la première loi relative à l’égalité salariale (loi du 13 juillet 1983, dite « loi Roudy »). L’objectif d’égalité professionnelle est cependant loin d’être atteint. Dans le secteur privé comme dans le public, le taux d’emploi est moindre chez les femmes, qui occupent 80 % des postes à temps partiel, avec une inégale répartition des métiers, et des secteurs à prédominance féminine (petite enfance, services à la personne, secteur administratif…) ou masculine (bâtiment, conduite de véhicules, maintenance technique…). Dans la fonction publique territoriale, si les femmes représentent 61 % des agents, elles occupent seulement 33 % des emplois de direction. Elles sont également moins bien rémunérées, même si les écarts de salaires sont plus faibles dans la territoriale (10,8 %) que dans les secteurs privé et semi-public ou dans les fonctions publiques hospitalières et d’État (respectivement 19,3 %, 21,9 % et 15 %)(2).

Insuffler une nouvelle dynamique

« Statutairement, hommes et femmes sont égaux, mais les discriminations sont présentes et défavorisent la carrière des femmes », indique Françoise Milewski, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques, centre de recherche en économie de Sciences Po (OFCE). L’égalité salariale est mise à mal par des déroulements de carrière inégaux, par le jeu des primes, plus importantes dans les métiers dits « masculins ». Le temps partiel reste essentiellement féminin et la mobilité est pénalisante pour les femmes, car c’est souvent celle du mari qui est favorisée. En matière de carrière politique, même constat !

La parité peine à s’affirmer au Parlement, comme au niveau local où le taux de femmes cheffes d’exécutif demeure minoritaire. Depuis 2013, la dynamique est cependant relancée avec la volonté de renforcer l’arsenal juridique… Les collectivités, quant à elles, sont engagées sur la voie du changement. Conscientes de leur devoir d’exemplarité, tant à l’égard des citoyens qu’à l’égard de leurs agents, elles s’emploient à le mettre en œuvre. De nombreuses initiatives voient le jour, comme en attestent les labellisations Diversité et Égalité professionnelle femmes-hommes dans les territoires, les formations mises en place, les expérimentations autour de la conciliation entre temps professionnel et temps privé… Chaque jour, les collectivités démontrent qu’elles ont un rôle fondamental à jouer dans la concrétisation de l’égalité professionnelle.

 

(1) L’Ordre sexué – La perception des inégalités femmes-hommes, PUF, 2007.

(2) Chiffres clés, édition 2014. Vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, ministère des Droits des femmes.

La ville est faite par et pour les hommes. C’est le constat sans appel que fait Yves Raibaud, géographe. Spécialiste du genre et chargé de mission Egalité femmes-hommes à l’université Bordeaux Montaigne, il propose des pistes pour remédier à ce déséquilibre.

L’équipe d’Yves Raibaud au sein du laboratoire Aménagement, développement, environnement, santé et sociétés (ADESS) de l’unité CNRS de l’université Bordeaux Montaigne a mené une série d’études entre 2010 et 2013. Toutes aboutissent aux mêmes conclusions : dans les espaces publics, à Paris, Bordeaux, Toulouse et Montpellier, la domination masculine est consacrée. « C’est particulièrement évident pour ce qui concerne les espaces de loisir dédiés aux jeunes, explique le géographe. En étudiant les budgets des municipalités, nous avons mis en évidence que 75 % des sommes consacrées à ces aménagements bénéficient dans les faits aux garçons, renforçant ainsi leur domination. City stades, skate parcs, salles de répétition dédiées aux musiques actuelles, espaces dédiés aux cultures urbaines : tous ces équipements officiellement créés à destination “de la jeunesse” – donc théoriquement mixtes - sont dans les faits quasi exclusivement utilisés par les jeunes de sexe masculin. » En matière de loisirs, cette discrimination se poursuit à l’âge adulte. Quand une municipalité décide de la création d’un stade d’une capacité de 40 000 personnes, pour répondre aux attentes des « sportifs », celui-ci est fréquenté… à 95 % par des hommes.

Enjeux de mobilité

L’inégalité femmes-hommes est également patente en matière de mobilité. « D’abord parce qu’un certain nombre de tâches comme l’accompagnement des enfants ou des personnes âgées demeurent encore largement réservées aux femmes, détaille Yves Raibaud. Et aussi du fait de l’insécurité qui règne pour elles dans les transports, particulièrement de nuit. » Les femmes adoptent ainsi des stratégies quand elles marchent dans la ville, alors que les hommes ne se posent pas de questions. Elles choisissent parfois de ne pas sortir, ou de porter des vêtements « neutres », elles évitent certains quartiers. Les études de géographie menées par le laboratoire ont ainsi prouvé que les femmes occupent moins de place que les hommes dans la rue. Elles se déplacent moins, ne stationnent pas, pour éviter notamment d’être abordées. Elles restent en mouvement, en marchant ni trop vite pour ne pas signifier la peur, ni trop lentement.

Entendre toutes les voix

Comment la ville moderne peut-elle être aussi peu mixte ? Si les initiatives publiques continuent de conforter la domination des hommes dans l’espace urbain, cela tient d’abord à des facteurs sociologiques. « Les décisions sont encore largement prises par des hommes blancs de plus de cinquante ans, constate Yves Raibaud. Dans les discussions portant sur la ville, les experts, les urbanistes, les personnes travaillant sur les différents types d’équipements sont eux aussi très majoritairement de sexe masculin. » Dans cette société largement patriarcale, la voix des femmes, comme celle de minorités peu visibles, est inaudible lorsqu’il s’agit d’aborder des problématiques qui les concernent. « Si l’on veut réellement changer cet état de fait, il faut créer plus d’espaces d’expression démocratique, qui permettent d’entendre la voix des femmes et d’autres populations », préconise Yves Raibaud. Il faut aussi reconsidérer les ambiances urbaines en intégrant réellement les enjeux de la mixité. Et ne pas oublier de réfléchir à l’éducation des garçons. Ce que Sylvie Ayral, professeure agrégée et docteure en sciences de l’éducation, a décrit comme la « fabrique des garçons », dans un livre publié en 2011(1) et dans deux ouvrages co-écrits avec Yves Raibaud en 2014(2). Faire en sorte que les filles « rattrapent les garçons » est insuffisant. Il faut aussi réfléchir à la façon dont se construit l’identité masculine autour des notions de compétition, d’agressivité, de refoulement des émotions… et en mesurer les conséquences. 96,5 % de la population pénitentiaire est masculine ; 69 % des tués en voiture sont des hommes, …

« Nous préconisons de mettre en place des dispositifs d’observation et d’évaluation des politiques publiques sous l’angle du genre. Outre le comptage systématique des activités par sexe, le “gender budgeting” permet aux municipalités de prendre conscience de l’injuste redistribution de l’offre publique de loisirs. »

Yves Raibaud, géographe chargé de mission Égalité femmes-hommes à Bordeaux.

Vers des villes « non-genrées »

Concrètement, les municipalités peuvent mettre en place des observatoires des inégalités, afin de mieux comprendre ces phénomènes. Elles peuvent aussi développer le principe de « gender budgeting », qui consiste à analyser les différents postes budgétaires d’une collectivité sous l’angle du genre, en tentant de rééquilibrer la balance. Par exemple en répondant aux demandes des associations qui proposent des activités aux femmes, ou en leur offrant plus de services pour leur simplifier la ville. Au-delà, que seraient des lieux pour les femmes ? D’abord des lieux libres, non accaparés par les hommes. « Lorsque l’on organise des marches exploratoires, on s’aperçoit que les femmes envisagent la ville non pas par rapport à elles-mêmes, mais du point de vue des usages : elles pensent à une ville accessible aux enfants, aux personnes âgées, aux minorités invisibles, détaille Yves Raibaud. Leur vision de la ville est plus fluide, mixte et intergénérationnelle : elles ne revendiquent pas d’accaparation d’espaces en leur nom, mais promeuvent une vision plus tournée vers les autres. » Il y aurait donc tout intérêt à prendre en compte leur point de vue pour que chacun puisse trouver sa place dans l’espace urbain. Les dernières études menées par Yves Raibaud au sein de l’ADESS sont à ce titre, préoccupantes : elles suggèrent en effet que les décisions prises en faveur de nouvelles mobilités urbaines durables accentuent les inégalités femmes-hommes. Par exemple, la pratique du vélo est majoritairement masculine (60 % d’hommes), en particulier quand il pleut ou la nuit (jusqu’à 80 %) ; et la marche, le covoiturage ou les transports en commun révèlent la même prédominance masculine. ///

(1) La fabrique des garçons : sanctions et genre au collège, PUF, 2011, 204 p.

(2) AYRAL (Sylvie), RAIBAUD (Yves), Pour en finir avec la fabrique des garçons, vol. 1 et 2, MSHA, 2014.

Les femmes sont aussi présentes que les hommes dans l'espace public mais elles ne l'occupent pas de la même façon. L'usage des villes diffère selon le genre. Un constat qui a poussé Chris Blache, anthropologue urbaine, à cocréer la plateforme d'innovation urbaine Genre et Ville. La ville pour toutes et tous reste à inventer, et tout le monde a quelque chose à y gagner.

Vous êtes cofondatrice de la plateforme d'innovation urbaine Genre et Ville, que vous avez créée en 2012 avec Pascale Lapalud, urbaniste. Pourquoi s'intéresser à cette question des villes et du genre ?

Genre et Ville part du constat que les femmes n'ont pas la même légitimité que les hommes dans l'espace public, qu'elles n'occupent pas cet espace public tout à fait comme les hommes. Notre objectif est de mesurer ces phénomènes, de les comprendre et de contribuer à faire évoluer les pratiques.

Si l'on observe la ville, les terrasses des cafés, on a pourtant l'impression d'une grande mixité ? 

Effectivement, vous avez dit le mot juste, on a "l'impression" d'une grande mixité. Notre travail consiste à compter avec précision, de manière très fine, combien il y a de femmes et d'hommes dans l'espace public à différents moments de la journée, combien de temps les unes et les autresy passe, occupent le mobilier, et quelles sont leurs activités. On s'aperçoit souvent que même dans les endroits qui se caractérisent par une très grande mixité en apparence, il y a souvent beaucoup moins de femmes que d'hommes. Par ailleurs, l'occupation de l'espace public est très différente selon le genre. 

Que voulez vous dire par là ? 

La plupart du temps, les femmes poussent, tirent ou portent quelque chose : un enfant, une poussette, des sacs de course. Elles traversent la ville pour des raisons utilitaires, mais elles n'occupent pas l'espace comme le font les hommes. Elles se contentent de le traverser, ne s'y attardent pas, flânent moins… Ce sont les hommes qui occupent l'espace.  

D'où viennent ces différences ?

Il y a tout un héritage culturel lié à l'enfance : on apprend aux filles les limites, aux garçons, à explorer le monde. La ville haussmannienne a joué également un rôle pour reléguer les femmes à la sphère privée. C'est une ville d'inspiration guerrière, pensée par et pour les hommes. Y compris du point de vue du mobilier urbain. Les pissotières ont fait partie des tous premiers mobiliers. Or elles sont réservées aux hommes. 

Sur quels leviers peut-on agir pour faire bouger les choses ?

Nous réalisons par exemple des "marches sensibles" ou d’autres formes d’ateliers participatifs, pour amener les femmes à s'approprier les lieux, à vaincre leurs appréhensions et à apporter un éclairage précieux (l'expertise d’usage) aux collectivités pour faire évoluer la ville. Pour cela, nous partons en petits groupes mixtes et non mixtes et nous explorons un itinéraire donné, sur le principe de la flânerie, pour redécouvrir l’espace autrement que dans une logique fonctionnelle. Les participantes sont invitées à exprimer leurs impressions, à travers une approche multisensorielle, écouter, regarder, sentir, toucher, ce qui permet de pointer les éléments positifs à développer, ou négatifs à travailler… Cette exploration collective les amène aussi souvent à re-découvrir leur quartier. Certaines habitantes reviennent de cette expérience en disant : "finalement, le quartier est plein de richesses dont je n'avais pas conscience".

 

« Une ville sensible, flexible, qui permette une multiplicité d'usages à travers le temps est une ville potentiellement plus égalitaire, ouverte à la diversité de genre, multi-générationnelle et multi- culturelle. »

Chris Blache, anthropologue urbaine

Comment rendre les villes plus inclusives et égalitaires ?

En faisant en sorte que les collectivités et les différents actrices et acteurs - architectes, urbanistes, aménageurs - prennent en compte ces questions dans leurs projets. Un bon exemple est le projet de transformation des places du Panthéon et de la Madeleine, confié par la ville de Paris pour trois ans au collectif pluridisciplinaire les MonumentalEs, dont nous faisons partie. Notre mission est justement de faire en sorte que cette dimension du genre soit présente tout au long du projet. 

A quoi ressemblerait une ville "inclusive" ?

D'une manière générale, une plus grande « flexibilité » des villes favorise la mixité d'usages. Dès que l'on dédie un lieu à un usage unique, on ferme ses potentialités. Le mobilier, l'ambiance, les évènements que l'on organise, la symbolique des monuments, tout joue un rôle. La place du Panthéon est bien sûr un bon « terrain de jeu » pour travailler sur les symboles. Avec le projet mémoriel "une place à soi" (en référence au livre féministe de Virginia Woolf "une chambre à soi"), nous avons voulu rendre visibles les femmes invisibles, en inscrivant leurs noms sur les pavés. Aujourd'hui nous sommes en train de proposer des dispositifs pour inscrire de manière pérenne sur la place du Panthéon cet aspect mémoriel.

Harcèlements, agressions, agissements sexistes et sexuels : les violences faites aux femmes trouvent leurs causes profondes dans des inégalités femmes-hommes encore fortes. Via la formation, le CNFPT s’engage aux côtés des collectivités pour lutter contre ces violences.

L’actualité est malheureusement là pour nous le rappeler : les violences faites aux femmes restent plus que jamais un mal ancré dans nos sociétés. Une telle situation s’explique par une égalité femmes-hommes qui tarde à devenir réelle, même si l’arsenal législatif monte en puissance. Le chef de l’État, qui en a fait une « grande cause » de son quinquennat, a décidé de lancer en 2018 un plan de formation pour les trois fonctions publiques. « Les inégalités créent un terreau propice aux violences sexistes et sexuelles envers les femmes. De par leur rôle au sein de la sphère publique, les collectivités doivent se montrer exemplaires », note Françoise Descamps-Crosnier, auteure du rapport sur les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes dans la fonction publique. 

Un engagement de longue date

Santé, sécurité, éducation, gestion des ressources humaines, politique de la ville... La question concerne de multiples champs de l’action publique. Depuis des années, le CNFPT aide les collectivités à mieux l’appréhender via son offre de formation.Depuis 2015, le CNFPT propose aux professionnels territoriaux des formations conçues avec la MIPROF(1). Celles-ci les aident à repérer, orienter et accompagner les victimes de violences conjugales. La démarche va s’étendre cette année à des métiers confrontés à ces publics comme les secrétaires de mairie et chargés d’accueil, et se poursuivre pour la police municipale. À cela s’ajoutent aussi des formations de formateurs et formatrices sur les violences intrafamiliales, une offre de formation destinée aux métiers du social et du médico-social...

Sensibiliser l'encadrement

Cette violence s’exprime notamment au travail. Elle est aussi le fruit de discriminations bien enracinées, dans la territoriale comme ailleurs. « Dans les grandes collectivités,les femmes n’occupent que 28 % des postes de direction, et partout la mixité des métiers est faible, en raison de stéréotypes qui ont la vie dure. Les femmes sont 95 % dans le médico-social et seulement 5 % dans la filière incendie-secours ! Ces déséquilibres sociaux entretiennent des comportements de domination et de violence », souligne Françoise Descamps-Crosnier. Pour faire bouger les lignes, le CNFPT entend que les managers deviennent des relais auprès des équipes. « À la demande de Brest Métropole, le CNFPT a conçu une mallette pédagogique pour animer auprès de ses cadres la formation “Propos et comportements sexistes et sexuels au travail : identifier et comprendre, pour mieux réagir et prévenir”. Après des tests concluants, il s’agit désormais de la généraliser à tout le territoire », explique Nicole Goulaouic, responsable de l’antenne du Finistère du CNFPT. Au sein d’un groupe de travail piloté par la MIPROF, le CNFPT est aussi associé à la conception d’un kit pédagogique sur le repérage, la prise en charge et l’orientation des femmes victimes de violences dans la vie professionnelle. « L’idée est de produire un guide et des fiches réflexe qui pourraient être utilisés lors des formations initiales des cadres A+ et territoriaux. Il faut intégrer la problématique des violences faites aux femmes le plus en amont possible dans les parcours de formation », conclut Françoise Descamps-Crosnier.